Comment démissionner en France tout en conservant ses droits au chômage ?
Vous travaillez en France, mais vous souhaitez changer d’emploi, reprendre des études ou créer votre propre entreprise ?
Vous vous posez peut-être plusieurs questions :
« Si je démissionne, vais-je toucher le chômage ? »
« Faut-il obligatoirement être licencié pour recevoir des allocations ? »
« Qu’est-ce qu’une rupture conventionnelle ? »
« Si j’ai déjà démissionné, puis-je encore bénéficier du chômage ? »
Ces questions sont importantes, car en France, les droits à l’assurance chômage dépendent notamment de la manière dont le contrat de travail prend fin.
Midithai vous explique les principales possibilités pour quitter votre emploi tout en préservant, lorsque les conditions sont remplies, vos droits aux allocations chômage.
Point n° 1 – Qu’est-ce que le chômage en France ? 💶
En France, lorsqu’on parle de « toucher le chômage », on fait généralement référence à :
ARE – Allocation d’aide au retour à l’emploi
Il s’agit d’une allocation versée par France Travail aux personnes privées d’emploi qui remplissent les conditions nécessaires.
Pour en bénéficier, il faut notamment :
Avoir travaillé suffisamment longtemps selon les règles applicables.
Être inscrit comme demandeur d’emploi.
Être apte à travailler et rechercher effectivement un emploi, sauf situation particulière.
Remplir les conditions relatives à la résidence et, pour les ressortissants étrangers, au droit au travail.
Avoir perdu son emploi dans une situation ouvrant droit à l’assurance chômage.
Attention : une démission volontaire classique ne permet généralement pas de percevoir immédiatement l’ARE.
Il existe toutefois plusieurs exceptions et dispositifs particuliers.
Point n° 2 – Démission, licenciement et rupture conventionnelle : quelles différences ? 📄
| Situation | Signification | Droit au chômage |
|---|---|---|
| Démission | Le salarié quitte volontairement son emploi | Généralement non, sauf exceptions |
| Rupture conventionnelle | L’employeur et le salarié conviennent ensemble de mettre fin au CDI | Possible sous conditions |
| Licenciement | L’employeur met fin au contrat | Généralement possible sous conditions |
| Fin de CDD | Le contrat arrive normalement à son terme | Possible sous conditions |
| Abandon de poste | Le salarié cesse de venir travailler sans justification | Risque de présomption de démission et de refus de l’ARE |
Ce tableau présente les principes généraux. France Travail examine les droits selon l’ensemble de la situation professionnelle du demandeur.
Point n° 3 – La rupture conventionnelle : une solution pour quitter un CDI 🤝
Si vous travaillez en CDI (contrat à durée indéterminée), vous pouvez envisager de discuter avec votre employeur d’une rupture conventionnelle.
Qu’est-ce qu’une rupture conventionnelle ?
Il s’agit d’une procédure permettant à l’employeur et au salarié de mettre fin au CDI d’un commun accord.
Ce n’est ni une démission ni un licenciement.
Quels sont les avantages possibles ?
Lorsque la procédure est correctement réalisée, le salarié peut notamment bénéficier :
D’une indemnité spécifique de rupture conventionnelle.
Du paiement des sommes restant dues à la fin du contrat.
D’une ouverture des droits à l’ARE, si les conditions de l’assurance chômage sont remplies.
Comment se déroule la procédure ?
Étape 1 – Discuter avec l’employeur
Vous proposez d’envisager une rupture conventionnelle.
Étape 2 – Organiser un ou plusieurs entretiens
Les deux parties discutent des conditions de la rupture, notamment de la date de départ et de l’indemnité.
Étape 3 – Signer la convention
L’accord doit être librement consenti par les deux parties.
Étape 4 – Respecter le délai de rétractation
Un délai de rétractation de 15 jours calendaires s’applique selon les règles de calcul prévues par la loi.
Étape 5 – Demander l’homologation
La convention est soumise à l’administration compétente, qui dispose en principe de 15 jours ouvrables pour instruire la demande.
Étape 6 – Mettre fin au contrat
Le contrat peut prendre fin à la date convenue, dans le respect de la procédure d’homologation.
L’employeur est-il obligé d’accepter ?
Non.
La rupture conventionnelle repose sur un accord mutuel. L’employeur peut refuser la proposition du salarié.
Il faut également vérifier les règles d’indemnisation applicables à la date de rupture, notamment les modifications entrées en vigueur en septembre 2026 concernant certaines durées maximales d’indemnisation.
Point n° 4 – Dans quels cas une démission peut-elle donner droit au chômage ? ✅
Certaines démissions sont considérées comme légitimes par les règles de l’assurance chômage.
On parle de :
Démission légitime
Il s’agit de situations particulières dans lesquelles le départ volontaire peut être assimilé, pour l’ouverture des droits, à une perte involontaire d’emploi.
Voici quelques exemples.
1. Démission pour suivre son conjoint
Si votre conjoint doit changer de résidence pour un motif professionnel et que vous devez quitter votre emploi pour le suivre, votre démission peut être considérée comme légitime.
Exemple :
Votre épouse ou votre époux obtient un nouvel emploi dans une autre région. Vous devez déménager pour maintenir votre vie commune.
Sous certaines conditions, cette situation peut ouvrir droit à l’ARE.
2. Démission à la suite d’un mariage ou d’un PACS
Une démission liée à un mariage ou à la conclusion d’un PACS peut être reconnue comme légitime lorsqu’elle entraîne un changement de résidence et respecte les conditions et délais prévus.
3. Certaines situations graves
D’autres situations particulières peuvent être reconnues, notamment lorsqu’elles correspondent à des cas expressément prévus par les règles de l’assurance chômage et sont accompagnées des justificatifs nécessaires.
Attention : tous les motifs personnels ne constituent pas une démission légitime.
Il faut vérifier que votre situation correspond précisément à l’un des cas reconnus.
Point n° 5 – Démissionner pour changer de métier ou créer une entreprise 🎓
Vous souhaitez quitter votre emploi pour suivre une formation, changer de profession ou créer votre entreprise ?
Il existe un dispositif appelé :
Démission-reconversion
Ce dispositif permet, sous certaines conditions, à un salarié de démissionner pour réaliser un projet professionnel tout en pouvant bénéficier de l’assurance chômage.
Quelles sont les principales conditions ?
Il faut notamment :
Être salarié en CDI dans le secteur privé au moment de la démission.
Justifier d’au moins 1 300 jours travaillés au cours des 60 mois précédant la démission, selon les règles applicables.
Présenter un projet de reconversion professionnelle réel et sérieux.
Faire valider le caractère réel et sérieux du projet avant de démissionner.
Les étapes à suivre
1. Vérifier son éligibilité
Assurez-vous de remplir les conditions du dispositif.
2. Contacter un conseiller en évolution professionnelle (CEP)
Cet accompagnement doit être engagé avant la démission.
3. Préparer le projet professionnel
Il peut s’agir d’une formation ou d’un projet de création ou de reprise d’entreprise.
4. Présenter le projet à la commission compétente
La commission examine son caractère réel et sérieux.
5. Attendre la décision favorable avant de démissionner
6. Démissionner puis s’inscrire à France Travail dans le délai applicable
Une erreur à éviter absolument
Ne démissionnez pas avant d’avoir obtenu la validation nécessaire de votre projet.
Une démission effectuée trop tôt peut empêcher de bénéficier de ce dispositif.
Site officiel :
https://www.demission-reconversion.gouv.fr/
Point n° 6 – Vous avez déjà démissionné : pouvez-vous encore obtenir le chômage ? ⏳
Oui, une possibilité de réexamen existe, mais elle ne garantit pas l’ouverture des droits.
Le réexamen après 121 jours
Si vous avez démissionné sans motif reconnu comme légitime et que vous ne bénéficiez pas de l’ARE, vous pouvez demander un réexamen de votre situation après environ quatre mois, soit 121 jours.
Il faut notamment démontrer que vous avez accompli des démarches sérieuses pour retrouver un emploi.
Par exemple :
Envoyer des candidatures.
Participer à des entretiens d’embauche.
Contacter des employeurs.
Suivre des formations.
Effectuer des démarches concrètes de retour à l’emploi.
Une instance paritaire examine votre situation.
Si la décision est favorable, une indemnisation peut être accordée à partir du 122e jour, selon les conditions applicables.
Important : attendre 121 jours ne signifie pas que vous recevrez automatiquement des allocations chômage.
Point n° 7 – Et si vous démissionnez pour travailler dans une autre entreprise ? 💼
Une autre situation est possible : vous quittez volontairement votre emploi, puis vous reprenez une activité salariée.
Après une démission, si vous retravaillez au moins 65 jours travaillés ou 455 heures et que ce nouvel emploi prend ensuite fin de manière involontaire, votre situation peut permettre l’ouverture de droits à l’ARE, sous réserve des autres conditions.
Exemple
Vous démissionnez de l’entreprise A.
Vous commencez ensuite un nouvel emploi dans l’entreprise B.
Après avoir travaillé pendant la durée nécessaire, vous êtes licencié par l’entreprise B.
France Travail peut alors examiner votre droit à l’ARE en tenant compte de votre parcours professionnel.
En revanche, si vous démissionnez également de l’entreprise B, vous risquez de ne pas remplir les conditions d’indemnisation.
Des règles particulières peuvent s’appliquer selon la succession des contrats et les droits déjà acquis.
Point n° 8 – Peut-on abandonner son poste pour obtenir le chômage ? ⚠️
Cette méthode est fortement déconseillée.
Certaines personnes pensent qu’en cessant simplement de se présenter au travail, elles obligeront leur employeur à les licencier.
Cette situation est appelée :
Abandon de poste
Or, le droit français prévoit, dans certaines conditions, une procédure de présomption de démission lorsqu’un salarié abandonne volontairement son poste.
L’employeur peut notamment mettre en œuvre une procédure de mise en demeure dans les conditions prévues par la réglementation.
Si la présomption de démission s’applique, le salarié risque de ne pas bénéficier immédiatement de l’ARE.
Cette situation peut également entraîner des difficultés concernant le salaire et la relation contractuelle.
L’abandon de poste ne doit donc pas être considéré comme une stratégie pour obtenir des allocations chômage.
Point n° 9 – Que faire si votre employeur vous pousse à démissionner ? 🛡️
Certaines situations professionnelles peuvent être particulièrement difficiles.
Par exemple :
Votre employeur vous pousse à signer une lettre de démission.
Vous subissez des pressions ou du harcèlement.
Votre salaire n’est pas versé.
Vous êtes victime de pratiques discriminatoires.
Vous êtes en conflit avec votre employeur au sujet de votre contrat.
Dans ces situations, il est préférable de ne pas prendre une décision précipitée.
Selon les circonstances, d’autres procédures juridiques peuvent être envisagées pour faire valoir vos droits.
Vous pouvez notamment solliciter l’aide d’un avocat en droit du travail ou d’un organisme compétent.
Une démission signée sans avoir étudié votre situation peut avoir des conséquences importantes sur vos indemnités et vos droits au chômage.
Point n° 10 – Comment demander les allocations chômage après la fin du contrat ? 📑
Lorsque votre contrat de travail prend fin dans des conditions susceptibles d’ouvrir droit à l’ARE, voici les principales démarches.
1. Récupérer les documents de fin de contrat
Votre employeur doit notamment mettre à votre disposition :
L’attestation employeur destinée à France Travail
Le certificat de travail
Le reçu pour solde de tout compte
2. Vous inscrire à France Travail
Site officiel :
Il est recommandé de vous inscrire rapidement après la fin du contrat si vous souhaitez demander une indemnisation.
3. Transmettre les informations nécessaires
France Travail examine notamment :
Votre parcours professionnel.
Vos périodes d’emploi.
Les motifs de fin de contrat.
Votre situation administrative.
Les conditions d’ouverture de droits.
4. Attendre la notification de vos droits
Si votre demande est acceptée, France Travail vous informe du montant et de la durée de votre indemnisation.
5. Respecter vos obligations de demandeur d’emploi
Vous devez notamment actualiser votre situation selon la périodicité prévue, déclarer vos activités et respecter vos obligations de recherche d’emploi.
Quand commence le versement ?
Le versement de l’ARE n’est pas nécessairement immédiat.
Un délai d’attente et des différés d’indemnisation peuvent s’appliquer, notamment selon les indemnités perçues à la fin du contrat.
Point n° 11 – Les ressortissants thaïlandais peuvent-ils toucher le chômage en France ? 🇹🇭
Oui, les ressortissants thaïlandais peuvent bénéficier de l’assurance chômage française lorsqu’ils remplissent les conditions applicables.
Il n’est pas nécessaire de posséder la nationalité française pour bénéficier de l’ARE.
Cependant, les ressortissants étrangers doivent notamment vérifier leur situation au regard du droit au séjour et du droit au travail.
Attention au titre de séjour
Si votre titre de séjour est lié à votre activité professionnelle, la perte de votre emploi peut avoir des conséquences sur vos démarches de renouvellement.
Il est donc important de distinguer :
Le droit aux allocations chômage
et
Le droit de séjourner et de travailler en France
Ces deux questions relèvent de règles différentes.
Point n° 12 – Les cinq vérifications à effectuer avant de démissionner ✅
☐ Vérifier votre type de contrat : CDI, CDD ou autre.
☐ Vérifier si votre motif de départ peut constituer une démission légitime.
☐ Si vous êtes en CDI, examiner la possibilité d’une rupture conventionnelle avec votre employeur.
☐ Si vous souhaitez changer de métier ou créer une entreprise, vérifier votre éligibilité au dispositif démission-reconversion avant toute démission.
☐ Vérifier vos périodes de travail, vos droits potentiels à l’ARE et les conséquences éventuelles sur votre titre de séjour.
En résumé : comment quitter son emploi tout en conservant ses droits au chômage ? 🇫🇷
En principe, une démission volontaire classique ne donne pas immédiatement droit aux allocations chômage.
Toutefois, plusieurs situations peuvent permettre une indemnisation :
1. La rupture conventionnelle – Une fin de CDI décidée d’un commun accord entre le salarié et l’employeur.
2. La démission légitime – Une démission correspondant à l’un des motifs reconnus par l’assurance chômage.
3. La démission-reconversion – Un départ volontaire pour réaliser un projet de reconversion ou de création d’entreprise, avec validation préalable.
4. La reprise d’un nouvel emploi – Une période de travail suffisante suivie d’une perte involontaire de ce nouvel emploi, sous réserve des conditions applicables.
5. Le réexamen après 121 jours – Une possibilité de demander un nouvel examen de sa situation, sans garantie d’acceptation.
Le conseil de Midithai
Avant de remettre votre lettre de démission, prenez le temps de vérifier vos droits.
Une décision de départ peut avoir des conséquences importantes sur vos revenus, vos allocations chômage et, pour les ressortissants étrangers, votre situation administrative en France.
Comment Midithai peut-il vous accompagner ? 🇹🇭🤝🇫🇷
Midithai accompagne les particuliers et les professionnels dans leurs besoins de traduction thaï–français et français–thaï, notamment pour les documents administratifs et professionnels.
Nous proposons des traductions générales et des traductions certifiées, ainsi qu’une coordination documentaire lorsque cela est nécessaire.
Pour toute question concernant le droit du travail, la rupture d’un contrat ou l’indemnisation chômage, il convient de s’adresser directement à France Travail ou à un professionnel du droit compétent.
Sources officielles utiles
Cet article présente des informations générales sur l’assurance chômage en France en 2026. Il ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les droits dépendent notamment du parcours professionnel, du motif de rupture du contrat, de la situation administrative et des règles en vigueur à la date concernée. Avant de démissionner, il est recommandé de vérifier sa situation auprès de France Travail ou d’un professionnel compétent.